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Sabri, Jean - 1984 - Les hommes divorcés et la perception interpersonnelle. MÉMOIRE PRÉSENTÉ À L'UNIVERSITÉ DU QUÉBEC À TROIS-RIVIÈRES COMME EXIGENCE PARTIELLE DE LA MAITRISE EN PSYCHOLOGIE
Cette recherche a permis d'atteindre les deux objectifs fixés. Elle a révélé la perception qu'ont les trois groupes d'hommes de leur vécu conjugal et a déterminé les variables qu'ils associent à la décision de maintenir, par la consultation, le mariage ou de mettre fin à celui-ci par le divorce, ou la séparation. Elle montre les données qui entrent dans le dysfonctionnement du couple. Elle dégage les différences entre les trois groupes d'hommes. Elle met en relief les divergences entre les hommes et les femmes sur différentes variables du Terci. Elle confirme, indirectement, certains travaux réalisés sur le divorce. Ce résumé et cette conclusion exposent les caractéristiques saillantes de cette étude, les avantages du Terci et les limites de la recherche. Le Terci et le dysfonctionnement du couple Hould (1979) remarque des différences entre les hommes mariés et les hommes en consultation sur les variables complexité cognitive , cohérence - confusion sémantique, soumission de soi et soumission du partenaire. Il lui est cependant impossible de déterminer si ces paramètres sont reliés au dysfonctionnement du couple ou au désir de consulter. Cette recherche, en ajoutant un groupe de divorcés par conséquent dysfonctionnel, permet de clarifier cette situation. La présente recherche montre que la complexité cognitive et la confusion sémantique sont reliées au divorce alors que la. simplicité cognitive et la cohérence sont associées à la stabilité du lien conjugaI. Les hommes mariés diffèrent des deux autres groupes sur ces deux variables. Les hommes mariés sont nettement plus cohérents et ont une vision moins complexe que les deux autres groupes. De plus, les hommes divorcés sont plus portés à percevoir les détails des comportements et à être plus confus que les hommes mariés. Sur ces deux variables, les résultats des hommes et des femmes divorcés se rejoignent. Il est donc permis de conclure qu'une vision globale des comportements et une cohérence sémantique sont des atouts pour la stabilité du lien conjugal. Une vision détaillée des attitudes et une confusion sémantique sont des indices de dysfonctionnement. La variable soumission de soi se présente sous divers aspects. Les hommes en consultation sont les seuls à se percevoir soumis et peu aptes à organiser leur vie conjugale. Les hommes divorcés se voient dominants et les hommes mariés présentent un équilibre entre la domination et la soumission. Lefebvre (1980) trouve également que les femmes en consultation sont plus soumises que les deux autres groupes de femmes étudiées. La soumission du partenaire ne s'est pas révélée une variable associée au divorce ou au désir de consulter. Pour Lefebvre (1980) la dominance du partenaire est associée au divorce chez les femmes. Les femmes divorcées voient leur partenaire dominant et se perçoivent comme soumises. Généralement, les sujets décrivent leur partenaire avec des traits plus défavorables qu'ils ne s'accordent même lorsque le divorce n'est pas récent. Les variables satisfaction, dépendance et disponibilité à changer Aucune de ces trois variables, sur lesquelles la présente recherche s'attendait à trouver des différences, ne se révèle statistiquement significative. Elles ne s'associent ni au désir de consulter ni à la décision de divorcer. Elles présentent néanmoins des éléments intéressants. Sur le plan des coûts, les contraintes perçues chez les couples parentaux, même si elle ne diffèrent pas statistiquement, sont moins prononcées chez les parents des couples en consultation (M = 315,37) que chez les parents des hommes divorcés (M = 469,92). Grâce à ces données, les divorcés obtiennent les scores les plus élevés à la satisfaction alors que les hommes qui consultent en possèdent le moins. En effet la satisfaction provient de la comparaison des coûts qui sont inférés à partir des descriptions que fournit le sujet de lui-même, de son partenaire et de chacun de ses deux parents. En comparant les résultats obtenus par les hommes et les scores que les femmes reçoivent dans la recherche de Lefebvre (1980), on peut brosser un tableau intéressant. Les femmes mariées obtiennent un score de satisfaction (M = 163,21) tout comme les hommes divorcés (M = 169,54). Les femmes en consultation possèdent un score de satisfaction de 175,0 comparativement aux hommes en consultation (M = 76,82). Les femmes divorcées obtiennent le score le moins élevé (M = -51,05). Les hommes mariés détiennent un score de satisfaction de 135,79; plus élevé que celui des hommes en consultation mais moins que celui des divorcés. Il ressort donc que c'est seulement la femme divorcée qui obtient un score négatif à la satisfaction. Quant à la dépendance, la présente recherche révèle que les hommes divorcés obtiennent un score moins élevé que les deux autres groupes d' hommes. Ceux qui consultent sont à mi-chemin et le groupe contrôle a le score le plus élevé.. Le score de dépendance découle des coûts inférés à partir des descriptions que fournit le sujet de lui-même et de chacun de ses deux parents. Pour les trois groupes, les coûts vécus avec le père sont plus élevés que ceux avec la mère. Dans la recherche de Lefebvre (1980), les coûts vécus par la femme mariée avec sa mère et son père sont moins élevés que ceux vécus par les deux autres groupes de femmes. Celle qui consulte vit autant de contraintes avec son père qu'avec sa mère. La femme divorcée vit plus de contraintes avec sa mère qu'avec son père. Cette variable est associée au divorce chez les femmes et ne l'est pas chez les hommes. La disponibilité à changer est le troisième paramètre sur lequel on ne retrouve pas les différences escomptées. Elle découle des variables satisfaction et dépendance. Cette disponibilité est très élevée chez le divorcé alors qu'il rompt son mariage. Elle est la moins élevée chez ceux qui consultent, malgré leur recours à l'aide, et elle est assez élevée chez les hommes mariés alors qu'ils ne font pas appel à la consultation. C'est le haut score de satisfaction qui est la cause de ces données. La variable disponibilité à changer est associée au divorce chez les femmes. Sans préjuger de la valeur de ces données pour les femmes, il apparaît clairement que ces variables doivent être mises en doute dans le cas des hommes. Par conséquence, il faudrait revoir la mesure du coût de la relation qui leur servent de base. Les variables associées au divorce L'affiliation et la rigidité du partenaire sont les deux variables sur lesquelles des différences furent trouvées entre les trois groupes étudiés. Elles furent associées au divorce. Les hommes divorcés, qui diffèrent de ceux des deux autres groupes sur ces deux variables, perçoivent leur ex-conjoint comme critique, méfiant et hostile et lui attribuent un pauvre répertoire de comportement interpersonnel. Cette image contraste avec celle de leur mère qu'ils trouvent serviable, gentille et dévouée tout en la décrivant rigide. Les hommes en consultation se trouvent à mi-chemin entre les deux autres groupes sur les deux variables, percevant leur partenaire un peu dévouée et un peu rigide. Les hommes mariés ne diffèrent pas des hommes en consultation dans ces deux variables. De plus, les femmes divorcées décrivent leur partenaire comme hostile et rigide. Elles associent ces deux variables au divorce. Les femmes divorcées vivent une relation plus amicale avec leur père qu'avec leur mère. Les hommes divorcés ne vivent pas une relation significativement plus contraignante avec leur père qu'avec leur mère. Bref, l'homme qui consulte se voit soumis et l'homme divorcé se décrit comme dominant. Par contre, l'homme marié se trouve à mi-chemin entre la domination et la soumission. De plus, les hommes divorcés perçoivent leur partenaire hostile et rigide. Les hommes en consultation et les hommes mariés la décrivent un peu dévouée mais relativement rigide. Voilà les grandes caractéristiques qui différencient ces trois groupes d'hommes. La recherche et les travaux sur le divorce Les différentes variables étudiées ont indirectement confirmé quelques idées exprimées dans la partie théorique. Certains travaux trouvèrent des échos dans cette recherche. (V. G. Brown et Fox, 1979; Deckert et Langelier, 1979; Luckey, 1960, 1964; et McKenry et al., 1978) . Cette recherche ne tient pas compte des variables sociologiques individuelles comme le nombre d'années de mariage, le statut civil, le revenu, l'éducation, l'occupation etc. On pourrait, à l'aide du Terci, en tenir compte dans une prochaine étude sur le divorce dans le cadre des informations générales. Il serait alors possible de faire des rapprochements entre ces variables sociologiques et les paramètres du Terci. La présente recherche ouvre enfin la voie à d'autres études en ce qui concerne la perception des attentes du couple et en ce qui a trait à l'adaptation et à la capacité de résoudre les problèmes qui surgissent dans le mariage. Elle demande à élucider l'origine de l' hostilité du partenaire et de la rigidité de la mère et le rôle de l'éducation des parents dans le bonheur du mariage de leurs enfants. |
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