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Paquette, Jean - 1988 - Le souvenir des rêves et la personnalité UNIVERSITÉ DU QUÉBEC MÉMOIRE PRÉSENTÉ À L'UNIVERSITÉ DU QUÉBEC À TROIS-RIVIÈRES COMME EXIGENCE PARTIELLE DE LA MAITRISE EN PSYCHOLOGIE
Cette étude avait pour but de vérifier la relation existant entre le souvenir des rêves et certaines variables de la personnalité. Ces liens devaient servir à la mise à l'épreuve de l'hypothèse clinique du refoulement voulant que le rappel fréquent de rêves soit en relation avec un fonctionnement plus mature et psychologiquement plus sain. Dans l'ensemble, les résultats obtenus entrent en contradiction avec cette hypothèse. En effet, les liens observés indiquent que les rêveurs obtiennent des résultats légèrement plus élevés que les non-rêveurs sur des variables exprimant des désordres ou des symptômes psychologiques. Nos résultats ne permettent pas d'affirmer qU'il y a un lien clair entre un fonctionnement pathologique et le souvenir des rêves mais rejettent l'hypothèse de PerIs et de la psychanalyse. Les résultats de la présente étude sont faibles mais significatifs. On peut tenter d'expliquer ce phénomène par le fait que les sujets de cette recherche sont des étudiants universitaires. Ce n'est donc pas une population qui présente des tendances pathologiques marquées. Ainsi, les scores obtenus sur les tests sont relativement rapprochés lorsque les deux groupes sont comparés. De plus, il est impossible d'affirmer qu'un groupe est psychologiquement sain et que l'autre ne l'est pas. La différence absolue des moyennes observées sur le TERCI ne dépasse pas la valeur d'un écart-type. Au MCMI, les moyennes des scores aux diverses échelles n'atteignent pas un niveau suffisant pour affirmer qu'il y a présence ou même tendance vers une pathologie particulière. Il demeure quand même intéressant de noter que les liens établis par cette recherche offrent des corrélations particulièrement élevées si on les compare aux résultats obtenus dans la littérature malgré une méthodologie similaire. Il semblerait que ces variables (confusion, anxiété, somatisation, état limite) ont un pouvoir discriminatif accru et qu'elles distinguent mieux les rêveurs et les non-rêveurs. Il reste toutefois à s'assurer que les liens observés ne sont pas simplement un fait attribuable aux étudiants québécois, francophones de race blanche et inscrits au premier cycle universitaire en sciences humaines. C'est sans doute une des plus grandes contraintes de la présente étude. Les résultats ne peuvent être généralisés étant donné le caractère bien défini des sujets formant l'échantillonnage. De plus, il faut mentionner que les corrélations les plus élevées ont été obtenues à partir d'une séparation du groupe. Ceci affaiblit la validité des liens obtenus puisqu'ils sont basés sur un mode de répartition créé pour les besoins de l'étude (rêveurs, non-rêveurs) au lieu de suivre une distribution normale. Enfin, et c'est une limite pour toute étude corrélationnelle, les résultats ne permettent pas d'établir un lien de causalité. Les recherches futures devraient tenter de vérifier les relations observées dans cette étude avec les mêmes instruments de mesure mais à partir d'échantillons de sujets variés. Il serait également intéressant de reproduire l'étude avec une population plus grande et ainsi éviter le besoin de dichotomiser les données. Enfin, les hypothèses des recherches futures devraient s'orienter vers la précision du lien existant entre le rappel des rêves et les troubles psychologiques. En choisissant une population présentant des désordres plus aigus, nous pourrons vérifier si les tendances identifiées dans la présente étude se confirment. |
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