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Kees, Maas - 1986 - Entre la fusion et l'individualité : une étude descriptive du mode d'interaction de trois types de couples. UNIVERSITÉ DE MONTREAL DÉPARTEMENT DE PSYCHOLOGIE FACULTÉ DES ARTS ET DES SCIENCES THÈSE PRESENTÉE À LA FACULTE DES ÉTUDES SUPÉRIEURES EN VUE DE L'OBTENTION DU GRADE DE PHILOSOPHIAE DOCTOR (Ph.D.)
Sommaire Cette étude descriptive traite du mode d'interaction de trois types de couples, c'est-à-dire des couples sans enfant qui sont, soit mariés, soit vivent ensemble en union-libre ou ont une relation privilégiée tout en ayant choisi de ne pas partager la même résidence, Le couple marié est la forme d'organisation de relation amoureuse de référence dans la mesure où elle est adoptée par la majorité de la population des couples. Notre point de départ est la mise en évidence d'une contradiction qui n'est qu'apparente. Il s'agit du paradoxe, inhérent à la genèse du couple à travers sa relation, entre d'une part le désir du partage (la fusion) et, d'autre part, le désir du maintien de l'indépendance (l'individualité). Dans cette thèse, nous avons exploré jusqu'à quel point il existe un lien entre les trois formes d'organisation de couple étudiées et le mode d'interaction que chaque couple adopte pour résoudre ce paradoxe entre la.fusion et l'individualité. Nous croyons que tout couple doit se situer sur un continuum entre ces deux pôles opposés. Notre objectif est de décrire les modes d'interaction des trois types de couples et non pas d'établir une échelle de valeurs parmi les divers modes d'interaction. Ainsi, nous prévoyions trouver chez les couples mariés un mode d'interaction caractérisé par la complémentarité, la fusion symbiotique et donc la dépendance. Le mode d'interaction des couples cohabitants en union-libre serait caractérisé quant à lui par la symétrie, la séparation et donc l'indépendance. Enfin, chez les couples non-cohabitants, nous nous attendions à un mode d'interaction caractérisé par l'alternance des modes symétriques et complémentaires (mode d'interaction parallèle) et l'interdépendance comme équilibre relatif entre la connexion et la séparation. Dans notre contexte théorique, nous présentons une revue de la Iittérature concernant les trois types de couples ainsi qu'une conceptualisation systémique du couple. Le modèle présenté reconnaît deux champs de tension dans la réalité de l'entité-couple, c'est-à-dire, la tension entre la fusion et l'individualisme et celle entre la permanence et le changement. Notre échantillon est composé de 60 couples sans enfant, recrutés suivant une approche de boule-de-neige. Il y a 20 couples mariés, 26 couples cohabitants et 14 couples non-cohabitants. Il s'agit d'une population relativement jeune (30 ans), relativement scolarisée (16.3 années), ayant des revenus moyens. Nous avons employé quatre instruments de cueillette de données. D'abord, il y a un questionnaire qui explore la réalité et l'idéal du couple selon neuf dimensions. Cet instrument nous informe également sur les perceptions des avantages et désavantages de la cohabitation et de la non-cohabitation. Le deuxième instrument est le Test du Répertoire de Comportements Interpersonnels. Cet instrument permet de décrire le couple en termes de comportements interpersonnels habituels et permet de décrire la nature du mode d'interaction du couple tant sur l'axe du contrôle que sur l'axe de l'affiliation. Le troisième instrument est la méthode Delphi. Cette méthode vise la rationalisation de la prise de décision en évitant le contact direct entre les participants, c'est-à-dire en passant par l'écrit. La méthode Delphi a servi à explorer la définition de la relation amoureuse perçue dans l'idéal du réalisable. En dernier lieu, nous avons analysé trois conversations afin d'illustrer les modes de négociation différentes chez les trois types de couple. Les résultats confirment les hypothèses concernant les couples mariés et les couples cohabitants. Les Mariés mettent l'accent sur l'entité-couple, ils ont des comptes de banque communs, leur vie sociale se passe en couple, les activités de loisir sont le plus possible partagées. Leur interaction démontre une intolérance à une différence trop grande dans les idées, valeurs et philosophies de vie. L'accent est mis sur les objectifs communs et les concessions individuelles, y compris le rejet des relations sexuelles extra-conjugales. La nature de la relation est complémentaire avec une femme relativement soumise et un homme relativement dominant. Les Cohabitants mettent l'accent sur l'indépendance et l'égalité. Les finances sont soigneusement séparées de façon égale. La vie sociale inclut partiellement le partenaire et se déroule en grande partie avec des amis propres à chacun des partenaires. Il y a un désir de passer plus de temps seul, avec la conscience que l'ouverture sur l'extérieur; comprenant des relations sexuelles hors couple, doit être possible, mais constitue une certaine menace à l'entité-couple. Le partage constitue une source de stress à cause de la négociation constante du rapport de place et du pouvoir. La différence et la divergence sont stimulantes, les concessions sont nécessaires et sont des preuves d'engagement. La nature de la relation est symétrique avec deux partenaires relativement dominants. Le mode d'interaction des couples non-cohabitants se rapproche de celui des couples cohabitants, avec un accent mis sur l'individualité et l'indépendance sur le plan des finances et de la vie sociale. La sexualité est mentionnée comme facteur important de la réussite du couple. Le respect et la sincérité sont des valeurs importantes. La nature de la relation est symétrique avec les deux partenaires relativement dominants. Malgré la satisfaction avec la relation actuelle les Non-cohabitants désirent à 50 % des changements futurs dans la direction d'une cohabitation. En conclusion, nous mentionnons quelques pistes de recherches ultérieures qui devraient surtout porter sur le développement du couple. |
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