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Grimard, Richard - 1983 - Types de contraintes et vécu du couple. UNIVERSITÉ DU QUÉBEC MÉMOIRE PRÉSENTÉ À L'UNIVERSITÉ DU QUÉBEC À TROIS-RIVIÈRES COMME EXIGENCE PARTIELLE DE LA MAITRISE EN PSYCHOLOGIE
L'objectif principal de cette recherche consiste à étudier l'impact de différentes sources de coût sur le fonctionnement du couple. A cette fin, 1078 sujets sont séparés d'abord en fonction de leur sexe et deuxièmement, selon leur appartenance à un des trois groupes de couple suivant : pré-marital, contrôle et consultation matrimoniale. Ces trois statuts de couple correspondent au degré de fonctionnement et de satisfaction des membres du couple. L'évaluation du coût ou de l'intensité des contraintes s'obtient suite à la passation du Terci (Hould, 1979). Cette variable se définit ici en fonction de l'intensité des caractéristiques qu'un individu s'accorde et qu'il attribue à son conjoint. Pour Hould, le coût correspond à un déséquilibre de ces caractéristiques en faveur de la symétrie ou en faveur de la complémentarité. Cette méthode de calcul de coût permet de mettre en lumière huit sources possibles de contrainte dont quatre se rattachent à la symétrie et quatre à la complémentarité. Lors de l'élaboration du Terci, Hould (1979) décide de considérer ces différentes sources comme équivalentes. Autrement dit, il n'en tient pas compte dans le calcul et l'interprétation du coût. Or, certains concepts théoriques, notamment au niveau des notions de symétrie et de complémentarité (Watzlawick et al., 1967) et au niveau des attentes sociales face aux rôles des conjoints (Rocheblave-Spenlé, 1964) permettent de douter de l'équivalence entre ces sources de coût. Les résultats sont obtenus suite à une série d'analyses de variance où le statut de couple constitue la variable indépendante, et où le coût constitue la variable dépendante, Cette recherche contient seize analyses de variance, soit huit pour chacun des sexes. A l'intérieur de chacune des série de huit, quatre portent sur des mesures de symétrie et quatre sur des mesures de complémentarité. La comparaison entre ces deux séries d'analyse permet ainsi de vérifier le bien-fondé de l'hypothèse de Hould (1979) à savoir l'équivalence des relations entre l'intensité des contraintes et le vécu conjugal, que ces contraintes soient reliées à la symétrie ou à la complémentarité. L'analyse approfondie de ces résultats permet de dégager quatre constatations majeures. Premièrement, les liens ou les relations qu'on observe lorsque les sujets perçoivent leur couple symétrique ne correspondent pas à ceux des sujets qui perçoivent leur couple complémentaire. En ce sens, l'hypothèse d'équivalence des relations énoncée par Hould (1979) semble donc infirmée. Deuxièmement, il existe peu d'homogénéité parmi les coûts qui proviennent du même type d'interaction, soit symétrique ou complémentaire, Dès lors, il devient inutile de parler de symétrie ou de complémentarité sans préciser de quel type de symétrie ou de complémentarité il s'agit. En ce sens, les coûts différent les uns des autres et de ce fait ne présentent pas les mêmes relations, avec le vécu conjugal. En d'autres termes, les coûts ne s'équivalent pas d'où la nécessité de les considérer un à un. Troisièmement, les liens observés entre l'intensité des contraintes et le vécu conjugal diffèrent selon que les sujets sont des hommes ou des femmes. Ces résultats tendent à supporter les observations de Hould (1979). En effet, selon ce dernier, les relations entre l'entente conjugale et la perception du couple diffèrent selon que les sujets sont des hommes ou des femmes. Quatrièmement, l'étude de ces types de coût fournit certaines informations sur la perception des sujets qui requièrent les services d'un consultant matrimonial. Par exemple, les gens en consultation matrimoniale perçoivent plus de rigidité dans la dominance des protagonistes que les personnes en situation pré-maritale et en contrôle surtout lorsqu'ils perçoivent leur couple dominant-soumis ou soumis-dominant. A la lumière de tous ces résultats, d'autres questions surgissent ici. Ainsi, il serait intéressant d'étudier les contraintes vécues par le couple lorsque celui-ci adopte un type d'interaction autre que celui privilégié au départ. En ce sens, on retrouve quatre possibilités. En effet, un couple qui au départ privilégie l'interaction complémentaire peut à la longue devenir symétrique ou tout simplement demeurer complémentaire. De même pour le couple symétrique, il peut conserver ce même type d'interaction ou devenir complémentaire. En ce sens, une étude longitudinale pourrait résoudre une partie de ces questions et ainsi ajouter aux résultats de la présente recherche. Le nombre insuffisant de sujets a malheureusement limité cette recherche à l'étude des coûts reliés à la dominance et à l'étude des coûts reliés à l'affiliation. Ainsi, dans une étude future, il serait particulièrement intéressant d'étudier les contraintes perçues par les membres du couple sans séparer ces deux dimensions. La principale limite de cette recherche se situe au niveau de la validité de comparer un groupe d'individus en contrôle à un groupe d'individus en consultation matrimoniale pour évaluer le niveau de fonctionnement et d'entente conjugale. En effet, il se peut que ce qui différencie les premiers des seconds, pour certains du moins, c'est la décision de consulter ou non. Pour parer à ce problème, il serait possiblement plus valable d'utiliser un groupe d'individus divorcés en plus du groupe d'individus en consultation matrimoniale pour caractériser le dysfonctionnement conjugaI. Malgré cela, cette étude conserve son importance dans le domaine de la thérapie conjugale. Dans un de ses articles, OIson (1970) rapporte ceci: "Je déplore le fait que les professions se rapportant au traitement du couple ont procédé avec beaucoup de vigueur mais sans assez de rigueur" (p.23.) Pour Olson, plusieurs concepts théoriques n'ont pas été suffisamment développés ou vérifiés et nécessitent une évaluation critique, il déplore également l'absence de principes empiriquement vérifiés, et l'inexistence d'une base théorique sur laquelle appuyer le travail clinique. Ainsi, toute tentative d'élaboration théorique dans le domaine de la thérapie conjugale constitue un réel besoin et tout travail sur le sujet peut contribuer à constituer une documentation utile à la pratique. |
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