Gagnon, Michel - 1988 -

Validation concourante de l'ambiance conjugale du TERCI.

 

UNIVERSITÉ DU QUÉBEC

MÉMOIRE PRÉSENTÉ À L'UNIVERSITÉ DU QUÉBEC À TROIS-RIVIÈRES COMME EXIGENCE PARTIELLE DE LA MAITRISE EN PSYCHOLOGIE

 

Ce mémoire démontre qu'il existe une relation positive entre l'ajustement dyadique de Spanier (1976) et la perception positive de soi et du conjoint tel que mesurée par les échelles de l'ambiance conjugale (Hould et Gauthier, 1985 b). Cette conclusion est un prolongement logique du contexte théorique et expérimental. Le premier chapitre soutient principalement que la satisfaction et l'entente conjugale s'associent à une perception positive de soi et du conjoint à travers une diversité d'instruments de mesure, de procédures et d'échantillons. Cependant, l'ambiance conjugale n'a jamais été comparée directement à une mesure de satisfaction ou d'entente conjugale. Cette démarche expérimentale constitue donc une première validation concourante de cette variable du Terci.

L'expérimentation décrite au deuxième chapitre montre que 32 sujets ont répondu au Terci et à l'échelle d'ajustement du couple afin d'établir des corrélations entre les variables étudiées. Suite à ces procédures, les résultats présentés au troisième chapitre confirment l'hypothèse de recherche. Ces résultats démontrent qu'il existe effectivement une relation positive entre l'ambiance conjugale et l'ajustement dyadique. L'interprétation des résultats suggère que les sujets ont tendance à établir un lien étroit entre la qualité de leur vie de couple et la qualité des comportements observés chez leur conjoint et eux-mêmes.

Des recherches antérieures (Bédard, 1980; Hould et Gauthier,1985 b) démontrent que chacune des variables de perception de soi et de perception du conjoint obtiennent des différences significatives de moyennes entre les résultats de plusieurs types de couples (par exemple: des couples pré-maritaux. des couples mariés, des couples en consultation, etc). Les conclusions de ces recherches soutiennent qu'il existe un lien entre l'ambiance et l'entente conjugale. Cependant, la validité concourante de l'ambiance conjugale n'a jamais été démontrée. Ainsi. le principal apport de la présente recherche est de comparer directement l'ambiance conjugale avec une autre mesure de la qualité de la vie de couple. Ceci conduit à la conclusion que l'ambiance conjugale constitue un indice valable de l'ajustement dyadique, de la satisfaction conjugale, de la cohésion du couple, de l'expression d'affection et du consensus conjugal.

Les faiblesses de cette recherche concernent le choix des sujets et la grandeur de l'échantillon. La décision de se limiter au mouvement couple et famille de Trois-Rivières pour choisir les sujets entraîne la formation d'un échantillon peu diversifié et non représentatif de la population générale. Un échantillon moins homogène aurait pu donner une plus grande variabilité dans les scores des sujets. Ceci aurait permis de mettre plus clairement en évidence la co-variation des scores entre l'ajustement dyadique et l'ambiance conjugale. De plus, la grandeur de l'échantillon (N=32) empêche d'obtenir des différences significatives entre les sous-groupes (N=16) répartis selon le sexe des sujets. La présentation des résultats montre parfois des écarts importants entre les hommes et les femmes. Cependant. un test de différence entre les corrélations obtenues par les hommes et celles obtenues par les femmes (Guilford, 1965) ne signale aucune différence significative. Pourtant, huit paires de corrélations possèdent des écarts de 20. De toute évidence, les comparaisons entre les hommes et les femmes se fondent sur des groupes trop restreints (N=16). D'ailleurs, si la tendance des résultats se maintenait avec des groupes plus nombreux, il serait possible d'observer pour plusieurs corrélations des différences significatives. Pour présenter une étude comparative valable entre les résultats des hommes et des femmes, l'échantillon aurait dû comporter un plus grand nombre de sujets.

En somme, il serait intéressant de poursuivre le processus de validation concourante de l'ambiance conjugale avec un plus grand nombre de sujets et avec d'autres instruments de mesure tels que: le Spouse observation checklist (Weiss et al., 1973), le Marriage adjustment prediction index (Adams, 1960), le Marriage adjustment inventory (Manson et Lerner, 1962). Ces tests seraient d'une grande utilité pour mieux définir l'ambiance conjugale.

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