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Elie, Claire - 1990 - Lien entre l'âge ou le sexe des adolescents et les relations parents-adolescents. UNIVERSITÉ DU QUEBEC MÉMOIRE PRESENTÉ À L'UNIVERSITÉ DU QUÉBEC À TROIS-RIVIÈRES COMME EXIGENCE PARTIELLE DE LA MAITRISE EN PSYCHOLOGIE
La théorie focale (focal theory) de Coleman (1974) suggère que les adolescents plus âgés connaîtraient plus de difficultés dans leurs relations avec leurs parents que les plus jeunes adolescents. La présente étude vise à mettre à l'épreuve cette théorie. Elle tient compte autant du point de vue des parents que de celui des adolescents. Les données ont été recueillies au moyen des tests questionnaires TERCI (HouId, 1979), CAF, CAM et IPA (Hudson, 1982). L'échantillon se compose de 64 adolescents (32 garçons et 32 filles) âgés de 12 à 18 ans ainsi que les 37 pères et 41 mères de ces mêmes jeunes. Cette recherche ne permet pas de soutenir les hypothèses. Cependant, les résultats révèlent que les parents perçoivent leurs relations avec leurs filles meilleures que celles avec leurs garçons. La partie exploratoire de cette recherche démontre que, tant du point de vue des adolescents que de celui des parents, les relations parents-adolescents sont plutôt satisfaisantes. Cependant, 29% des adolescents indiquent la présence de conflits sérieux avec leurs parents. D'autre part, l'existence d'un lien entre la qualité des relations pères-mères et celles des relations des parents-adolescents est démontrée. Finalement, des analyses statistiques sur les traits de dominance et d'affiliation des sujets confirment que le sexe des sujets constitue une source significative de la variance de ces variables. La théorie focale de Coleman (1974) selon laquelle les adolescents plus âgés rencontrent plus de difficultés avec leurs parents que les plus jeunes adolescents n'est pas confirmée par la présente étude. En effet, suite aux analyses effectuées, l'âge des adolescents ne semble pas être une source de la variable ambiance ni de la variable insatisfaction et ce, tant du point' de vue des adolescents que de celui des parents. Cependant, les résultats révèlent l'existence d'un lien entre le sexe des adolescents et les variables ambiance et insatisfaction. Ainsi, les parents perçoivent leurs relations comme meilleures avec leurs filles qu'avec leurs garçons. De plus, l'analyse de la variance indique que l'interaction de l'âge et du sexe des adolescents constitue une source significative de la variance de la perception par les adolescents de l'ambiance de la relation qu'ils vivent avec leurs parents. Cette interaction se traduit chez les filles par une augmentation de la qualité d'ambiance de 12 à 15 ans et d'une chute importante entre 15 et 18 ans. La partie exploratoire de ce travail permet de dégager certains résultats intéressants. Ainsi, la qualité des relations entre les parents et les adolescents paraît plutôt positive. Cette conclusion coincide avec celles de plusieurs chercheurs (Douvan et Adelson, 1966; Montemayor, 1983; Rutter et al, 1976). Cependant, 29 pour cent des adolescents rencontrent des difficultés sérieuses dans leurs relations avec leurs parents. Ces résultats renforcent la nécessité d'améliorer et d'augmenter les programmes d'aide aux familles en difficulté. D'autre part, une étude de corrélation révèle un lien significatif entre la qualité de l'entente du couple parental et celle des relations entre les parents et leurs adolescents. Il est donc permis de dire que, lorsque les parents s'entendent bien, les relations parents-adolescents sont plus harmonieuses. Par contre, des rapports tendus entre mari et femme iraient de pair avec des difficultés relationnelles entre les parents et leurs adolescents. Ces conclusions sont en accord avec ceux de Goode (1975: voir Wadkar et al, 1986) et de Pringle (1975: voir Wadkar et al, 1986). L'âge des parents s'avère une source de variance significative de la variable ambiance. En effet, les parents âgés de plus de 45 ans ont une perception de leurs relations avec leurs adolescents meilleure que les parents dont l'âge est inférieur à 40 ans. Une plus grande maturité et une expérience antérieure avec d'autres adolescents s'avéreraient des facteurs permettant d'expliquer cette différence entre les perceptions . L'influence de la désirabilité sociale lors de la passation des tests pourrait également être mise en cause. Des analyses sur la variable affiliation permettent de constater que les mères adoptent davantage de comportements de tendresse que les pères et ce, tant du point de vue de leurs adolescents que de leur propre point de vue. De leur côté les filles se voient plus tendres que les garçons. Quant aux résultats relatifs à la variable dominance, ils démontrent que les adolescents perçoivent leurs pères plus dominants que leurs mères. Par contre, les parents attribuent à leurs filles un plus haut score de dominance qu'à leurs garçons. La principale limite de cette recherche provient du fait que l'échantillon est trop faible pour permettre aux résultats d'avoir une valeur de prédiction. De plus, il se compose seulement de sujets qui ont accepté de répondre aux questionnaires, ce qui limite la généralisation de ces conclusions à l'ensemble des adolescents et de leurs parents. Cette contrainte est une difficulté inhérente à toute recherche en psychologie. |
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