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Chouinard, Jocelyn - 1984 - Vécu conjugal et relation père-fille inférée des descriptions que la fille donne d'elle-même et de son père.
UNIVERSITÉ DU QUÉBEC MÉMOIRE PRÉSENTÉ À L'UNIVERSITÉ DU QUÉBEC À TROIS-RIVIÈRES COMME EXIGENCE PARTIELLE DE LA MAITRISE EN PSYCHOLOGIE Apport de la recherche Hould obtient le score de contraintes pour chaque groupe de couples en faisant la moyenne de tous les scores obtenus par les différentes configurations. En comparant ces moyennes, il constate qu'il existe une relation entre l'intensité des contraintes associées à la relation soi-père, et la qualité du vécu conjugal ultérieur de la fille. Les analyses détaillées de notre recherche infirment cette conclusion. En ne tenant compte que de l'intensité des contraintes perçues et non de la nature des dyades soi-père, Hould a escamoté des réalités tout à fait opposées à la relation observée. Il est constaté en effet, dépendant des descriptions que donne la fille d'elle-même et de son père, que l'intensité des contraintes associées à cette relation n'est pas toujours liée à la qualité ultérieure de son vécu conjugal. Par conséquent, pour certains types de dyades, les calculs de la satisfaction, de la dépendance et de la motivation à changer, à partir de ces scores de contraintes, deviennent inadéquats. En plus de ces nuances, cette recherche apporte aussi des précisions à quelques études citées au premier chapitre. Luckey (1960), Biller (1974) et Uddenberg et al. (l979) observent que la fille qui éprouve des problèmes dans sa relation conjugale a une perception négative du rôle joué par son père et de la relation qu'elle a eue avec lui. Or, il appert que les deux phénomènes ne sont pas toujours reliés ensemble, dépendant des rôles que la fille s'attribue et de ceux qu'elle prête à son père. Limites Une des critiques les plus souvent formulées à l'endroit des recherches sur le mariage concerne la variable dépendante " succès conjugal " (Barry, 1970). Comment définir et évaluer ce qu'est le succès conjugal? L'étude de Hould ne porte pas sur ce sujet comme tel, mais sur la qualité du vécu conjugal tel qu'inféré à partir de l'appartenance du sujet à l'un des trois groupes de couples. Bien que l'appartenance à un groupe de couples cliniques versus un groupe de couples non-cliniques s'avère révélateur de la qualité du vécu conjugal (Jacobson et Margolin, 1979), cette classification risque d'être la source d'erreurs incontrôlables. Pour se prémunir contre ce type de biais, il aurait fallu administrer aux femmes de l'échantillon un test de satisfaction conjugale, et de les répartir ensuite en trois groupes, selon leurs scores et leur appartenance à l'un des trois types de couples. Il serait intéressant, dans une étude ultérieure, d'effectuer ce contrôle auprès d'un groupe de couples et de comparer les résultats à ceux obtenus par Hould, dans le but d'appuyer (ou de rejeter) la procédure qu'il utilise. Nous pourrions aussi mettre en doute la qualité de la relation père-fille telle qu'inférée, et non pas mesurée objectivement par des observateurs. Certains auteurs (Biller, 1976; Lamb, 1976) ont critiqué les recherches qui s'appuient sur ce genre de données en mentionnant qu'elles sont trop vagues et trop imprécises pour être d'une quelconque utilité prédictive, et que les relations soi-père que rapportent les sujets ont des chances d'être très différentes de ce qui s'est passé en réalité. Malgré l'écart qui existe entre ce que rapporte la personne dans un questionnaire, et ce qui s'est passé en réalité, il est plausible de croire, comme l'affirme Hould, que le comportement humain dépend moins de la réalité telle qu'elle existe que de la réalité telle qu'elle est perçue (p. 50). La personne agit en fonction des images et des expériences soi- autre qu'elle a intériorisées et l'interprétation qu'elle en fait est fonction de ses besoins, de sa sensibilité et de la réalité extérieure. Projections Les résultats du Terci révèlent que la qualité de la relation mère-fille, telle qu'inférée à partir des descriptions que donne la fille de sa mère et d'elle-même, est reliée à la situation de son couple, telle que mesurée par le type de couple dans lequel elle évolue. Il serait intéressant de vérifier, dans une étude subséquente, si cette relation existe pour chacune des différentes configurations fille-mère. Les résultats de cette analyse pourraient être comparés à ceux de la présente recherche, afin de vérifier s'il existe certains types de dynamiques parent-enfant plus susceptibles d'être associées à des problèmes conjugaux chez la femme. |