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Daniel Bédard - 1981 - Position de vie et perception du comportement interpersonnel.
UNIVERSITÉ DU QUÉBEC MÉMOIRE PRESENTÉ À L'UNIVERSITÉ DU QUÉBEC À TROIS-RIVIÈRES COMME EXIGENCE PARTIELLE DE LA MAITRISE EN PSYCHOLOGIE
Cette thèse vise à mettre au point une mesure de la position de vie et à explorer sa validité de construit de deux façons. Partant de l'instrument de Landry (1976), les échelles sont standardisées et maniées de façon à obtenir un score de position de vie. Une fois ce score établi, la recherche se poursuit par l'étude de la fidélité de l'instrument au moyen d'une corrélation test-retest. Les corrélations élevées à chacune des échelles (p< .001) confirment leur fidélité. Par la suite, une première analyse de validité de construit est entreprise. Celle-ci se fonde sur le rationnel de Lederer et Jackson (1963) qui porte sur l'effet du romantisme. Selon ces auteurs, les gens ont, avant le mariage, une perception de soi et du conjoint quelque peu idéalisée. Avec la vie commune, cette perception devient plus réaliste ce qui produit du même coup, une chute du romantisme dans le couple. Chez les couples en consultation, l'insatisfaction remplace le romantisme. Cette insatisfaction entraîne simultanément une diminution de l'estime de soi et du conjoint. Hypothétiquement, les perceptions de soi et du conjoint obéiraient à la même loi que le romantisme. Autrement dit, plus le romantisme est élevé plus les perceptions sont positives et inversement plus l'insatisfaction est élevée, plus ces mêmes perceptions sont négatives. Les résultats viennent appuyer ce rationnel. En effet, l'analyse de variance montre des relations significatives (E = .32, p < .001) entre le type de couple et la perception de soi. Il en va de même pour l'échelle de perception du conjoint (E = .45, p < .001). Dans chaque cas, le groupe pré-marital présente la perception la plus positive alors que le groupe en consultation matrimoniale présente la perception la plus négative. Bien qu'aucune différence n'ait été prévue entre les sexes sur les deux variables, les résultats indiquent certaines différences. A l'échelle de perception de soi, les femmes présentent une perception plus basse que les hommes. Toutefois, certaines études tendent à démontrer que les hommes sont plus défensifs que les femmes sur des tests d'estime de soi. Ceci peut rendre compte des différences observées. A l'échelle de perception du conjoint, l'effet du romantisme est beaucoup plus marqué chez la femme. En effet, pour les couples prémaritaux et contrôles, les femmes présentent une perception plus positive que les hommes face à leur conjoint. Par contre, les femmes du groupe en consultation conjugale présentent la perception du conjoint la plus négative. C'est donc dire que les femmes ont, avant le mariage, une perception du conjoint beaucoup plus idéalisée que les hommes. Par contre, lorsqu'elles sont confrontées à une difficulté sérieuse d'adaptation à la vie conjugale, elles le perçoivent de façon très négative. La seconde analyse de validité de construit porte sur le lien que voient les théoriciens de l'A.T. entre la position de vie et les comportements interpersonnels de dominance et d'affiliation. Pour la dominance, l'hypothèse pose des différences significatives entre les quatre positions de vie. Les résultats confirment ces différences (E= .56, P < .001) qui suivent la séquence prévue. Les gens qui adoptent la position (+/-) présentent les scores de dominance les plus élevés suivie respectivement des gens des positions (+/+) et (-/-). Le groupe adoptant la position (-/+) montre le niveau de soumission le plus élevé. Nos résultats indiquent également que pour la variable de dominance, la domination est liée à la perception positive de soi alors que la soumission est liée à une image de soi négative. En ce qui regarde la variable d'affiliation, les données n'indiquent aucune relation significative entre les positions de vie ou le degré d'intensité de cette variable. Nous pensons que cette absence de différences est plutôt imputable au type subjectif de l'instrument; il serait possible de vérifier cet énoncé en allant voir la perception que se font les conjoints de ces mêmes personnes. Par contre, l'homogénéité de la position (+/+) la distingue des trois autres positions de vie. Cette homogénéité suggère une souplesse dans les comportements d'affiliation. Une étude pourrait porter sur la comparaison des sujets de différentes positions de vie afin d'isoler les facteurs les plus représentatifs de chacune des positions. D'autres études peuvent également déboucher sur le plan clinique. En effet, un instrument à caractère psychopathologique tel le Minnesota Multiphasic Personality Inventory (MMPI) permettrait de comparer les gens de différentes positions pour tenter d'isoler certains types de pathologies caractéristiques de telle ou telle autre position. Il serait aussi possible de prendre des gens dont la pathologie a été identifiée et de leur faire passer l'échelle de position de vie et ainsi vérifier laquelle des positions est la plus fréquemment adoptée par ces personnes. Enfin, bien que ces nouvelles échelles se limitent à une population de couples, elles pourraient être utilisées dans d'autres champs d'application tel l'éducation ou l'entreprise. Une recherche pourrait porter sur la relation entre la position de vie d'un enseignant et le succès scolaire de sa classe. Il serait aussi possible de tenter d'identifier si certains types d'emplois sont plus fréquemment choisis par des gens d'une position particulière. Le problème pourrait aussi se présenter d'une autre façon. Par exemple, est-ce qu'un administrateur adoptant la position (+/+) est plus efficace qu'un autre adoptant la position (+/-)? En plus de la limitation aux couples, cet instrument comporte une seconde limite. En effet, le concept de position de vie mesuré par les deux échelles, repose sur des critères culturels plutôt que sur des critères subjectifs. Ainsi, il est possible qu'un individu s'attribue plusieurs critères culturellement regardés comme non OK mais qu'il ait tout de même une image positive de lui-même. Ainsi, la position de vie mesurée pourrait être (-/+) alors que la position vécue par l'individu est (+/+). De même, une personne peut voir son conjoint OK alors que l'échelle montre une perception négative du partenaire. Une recherche ultérieure pourrait permettre de contourner cette limite. En effet, les 88 énoncés servant à déterminer la position de vie pourraient faire l'objet d'une évaluation subjective par le sujet pour connaître les items qui, selon lui, représentent des comportements OK et ceux qui représentent un acte non OK. Ceci permettrait d'arriver à un score de la position de vie basé sur les construits personnels de l'individu. |